Ah ben oui c’est vrai, j’ai complètement oublié de vous raconter la fin de l’histoire drôle.

Bon alors j’en étais où ?

A 17h00 j'ai appelé le véto.

J'avais l'impression d'être un condamné à mort se dirigeant lentement en chariot vers l'échafaud, sous le son des tambours. Mon coeur battait si fort que j'ai eu du mal à comprendre la secrétaire du véto qui m'expliquait que c'était finalement le véto qui allait m'appeler plus tard.

J'avais maintenant l'impression d'être un condamné à mort attendant sur son chariot que le feu passe au vert, avant de pouvoir aller vers l'échafaud sous les cris des corbeaux (oui j'ai changé un peu le son, j'ai le droit).

Environ 6 mois plus tard, c'est à dire vers 17h11, le téléphone sonna.

J’ai laissé sonner le téléphone 4 fois avant de décrocher, parce je me suis dit qu’on allait croire que j’attendais à coté du téléphone l’appel du vétérinaire comme si j’avais des sentiments pour mon con de chat alors que non, pas du tout, je ne suis pas une chochotte.

« Allo oui ? Qui me demande, parce que j’étais très occupé à faire des tas de trucs très loin du téléphone ! Qui ? Une clinique vétérinaire ?? Mon chat ??? Quel chat ???? Quel nom vous dites ? Planctor ? Fluctror ? Aaaah Tantor oui oui, ça me dit quelque chose, je me rappelle maintenant oui… Alors quoi Tantor qu’est-ce qui lui arrive alors à ce bon vieux Tantor ?»

« Ecoutez Monsieur, au sujet de l’opération, heu…Votre chat… Je…Je suis désolé de vous dire que ... »

« Je l’savais, je l’savais, noooon, j’en étais sûr, j’aurais dû l’embrasser beaucoup plus maintenant c’est trop tard Tantor ne saura jamais que je l’aimais plus que tout au monde, mais comment je vais faire pour vivre maintenant, mais comment je vais faiiiiiire ?? »

« Monsieur ? Mais enfin calmez-vous un peu, vous êtes une chochotte ou quoi ? Allo ? Je voulais simplement vous dire que nous avons finalement décidé de ne pas l’opérer. Nous avons simplement fait des prélèvements et nous attendrons les résultats des analyses avant de décider de la marche à suivre. Vous pouvez passer chercher votre chat. »

Je suis donc parti en courant chercher mon chat chez le véto.

J’y suis arrivé tellement essoufflé que je n’arrivais à rien dire d’autre que des « pffff  pffff» et je faisais des tas de gestes en dégoulinant de sueur, les yeux exorbités.

La fille de l’accueil s’apprêtait à appeler les flics quand un docteur est apparu en disant « ah c’est sûrement la chochotte que j’ai eu au téléphone. Je vous rends votre chat. Nous vous appelerons quand nous aurons reçu le résultat des analyses. »

J’ai pensé en regardant le docteur, qu’il avait essayé sans réussir à faire une piqûre à mon chat pour l’endormir, car le docteur avait sa blouse en lambeaux et du sang s’écoulait de ses nombreuses griffures partout sur le corps. En plus il paraissait bien content de me rendre mon chat.

Je suis donc reparti avec mon chat dans sa boite à chat. Tantor ne disait rien. Il restait immobile au fond de sa boite, allongé sur des lambeaux de blouse blanche.

Chez moi, j’avais préparé une petite fête pour son retour : il y avait une vingtaine de gamelles contenant toutes les différentes croquettes pour chat que j’avais pu trouver et il y avait aussi 8 kilos de mou (oui le mou, le truc dégueu sanguinolent plein de boyaux, qu’on trouve pendu à un crochet sur le stand des bouchers sur le marché).

Une semaine plus tard, le téléphone sonna comme on entend le glas au loin (et ce n'était pas le glas du bide, ni les glas de la marine)...

(à suivre)