Je préviens tout de suite, ce qui va suivre est de l’humour très noir (et en humour je suis loin d’être raciste). Le texte risque vraiment de choquer les amoureux des chats (qui sont généralement des grosses tapettes sensibles ou des gonzesses qui croient au prince charmant).

Tout avait commencé un jour ensoleillé où mon chat se faisait bronzer sur sa chaise, sur son balcon, les griffes en éventail. J’avais pour habitude d’avancer sans faire de bruit pour l’observer pendant qu’il somnolait comme un bienheureux (et plus d’une fois j’ai renoncé finalement à lancer des pétards sous sa chaise, tellement Tantor était si mignon quand il somnolait grassement).

Là le spectacle était encore plus drôle que d’habitude : mon chat bavait (et ce coup-ci ce n’était pas à cause du piment que j’avais mis dans sa pâtée, ni à cause du dentifrice que j’aimais mettre sur son cul rien que pour voir sa gueule toute pleine de mousse quand il se léchait le derrière). Un filet de bave s’écoulait de sa bouche et formait une petite flaque en dessous de la chaise.

Des fois je suis le roi de cons, car j’ai trouvé super mignon que mon chat bave en prenant son bain de soleil.

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2 semaines plus tard j’ai commencé à trouver moins mignon mon chat qui bavait toujours. J’ai tenté d’ouvrir de force la gueule de Tantor mais il refusait énergiquement de toutes ses griffes. Je l’ai alors jeté dans sa boite à chat et j’ai couru chez le vétérinaire. Puis je suis retourné chez moi prendre la boite à chat et j’ai recouru chez le vétérinaire.

Nos amis les vétérinaires sont blasés de tout, ils ne vont donc pas se mettre à pleurer avec vous dès que votre animal à une écharde à la patte. Moi J’ai eu droit à un simple « regardez, votre chat à une énorme tumeur sous la langue, il doit souffrir depuis longtemps, pauvre chat, il va falloir l’opérer samedi, mais il est très vieux votre chat, je ne sais pas si il va supporter l’opération, hé monsieur ça va, monsieur, bon sang ne vous évanouissez pas comme un grosse merde sur mon bureau, Nicole allez me chercher un verre d’eau, aaah et bon sang trouvez lui un pantalon propre ».

Mon chat et moi, de retour chez nous, on s’est regardé tout bizarrement. On était triste tous les deux. On se disait « merde la fin de l’aventure est proche on dirait ». J’ai même pensé « bordel qu’est-ce que je vais bien pouvoir foutre des tonnes de bouffe pour chat que j’ai stocké en cas de guerre mondiale ».

Puis le grand jour est arrivé. J’avais mis le chat à la diète la veille au soir. Et là il avait beau taper sur les boites de bouffe ou lécher ses gamelles vides en me regardant avec les même yeux que Bambi quand sa mère est morte, je ne lui ai toujours rien donné à manger. C’étaient les ordres du vétérinaire pour l’opération.

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J’ai embrassé très très fort Tantor, et je lui ai dit des tas de « je t’aime » comme une grosse tapette sensible ou comme une gonzesse qui croit au prince charmant. Puis je l’ai enfoncé dans sa boite à chat à grands coups de pieds (histoire de lui montrer que j’étais tout de même un mec, un vrai, viril avec du poil partout). Puis je l’ai emmené chez le véto. Je me suis effondré sur un banc couvert de fientes en face du véto pour attendre l’heure fatidique. J’étais venu seulement 6 heures en avance, histoire de souffler un peu pour déstresser. J’ai caressé tout le temps sa patte qui sortait de sa boite à chat. J’ai même pensé « si jamais tu t’en sors pas, je couperai ta patte et je la garderai en collier autour de mon cou pour pouvoir la caresser encore ».

Puis c’était l’heure. J’ai quitté le banc avec mes traces de fientes sur ma veste. J’ai donné en tremblant mon chat au véto. Il m’a dit « appelez-moi à 17h pour savoir comment ça s’est passé ». je suis sorti sans me retourner vers la boite à chat (pour montrer au véto que j’étais un mec, un vrai, viril avec du poil partout). Et je suis rentré chez moi à pieds, si lentement que je me faisais doubler par des petites vieilles en déambulatoire.

J’ai attendu 17h comme une femme attend l’ouverture des soldes. Tout s’est mis à tourner autour de moi. Je me suis posé des tas de questions : « Comment je vais faire sans lui ? » « Qu’est-ce que je vais devenir ? » « Est-ce que je lui ai assez dit que je l’aimais ? » « Mais pourquoi je l’ai frappé il y a 7 ans quand il a chié sur ma déclaration d’impôt ? J’aurais pas dû le frapper !» « Mais bon sang pourquoi le samedi soir il n’y a rien à la télé ? ». Puis j’ai composé le numéro du véto.

A suivre…